LIONEL FROIDURE

Ceinture noire 6e dan de Karaté Shotokan FFKCeinture noire / 4e degré Arnis Kali Doblete Rapilon WADR

Ancien membre de l’équipe de France combat FFKarate

Fondateur d'imagin'arts tv et de En Terre martiale

Pouvez-vous vous présenter ?

Lionel Froidure, bientôt 44 ans. Je suis 6ème Dan de Karaté FFK et 4e degré Arnis Kali Doblete Rapilon.

Je suis le fondateur de la société de production audio-visuelle Imagin' Arts spécialisée dans la réalisation de vidéos pédagogiques sur les arts martiaux. Je réalise et présente la série de documentaires sur les arts martiaux En Terre Martiale.

Racontez-nous vos débuts dans le monde des arts martiaux. Comment êtes vous arrivé à la pratique des arts martiaux ? Par quel art ? Maître ? Dojo ?

Je suis plus ou moins né sur un Tatami. Mes parents sont enseignants de Karaté.

Dès mes premiers pas, j'étais sur un Tatami à courir dans tous les sens au granddésarroi de mon papa. J'ai donc commencé naturellement par le Karaté. Depuis,je n'ai jamais cessé de m'entraîner. 

Qu'est ce qui vous a plu ? Ce qui vous a fait aimer les arts martiaux ? Ce qui vous a poussé et continue à vous pousser à continuer ?

J'ai commencé à pratiquer car je voulais faire comme mes parents, comme tous les enfants qui apprennent par imitation. Ce n'est que vers l'adolescence que je me suis beaucoup plus investi et je rêvais de rentrer dans l'équipe de France Kumite et de ressembler, encore une fois, à mes idoles du moment : Thierry Masci, Giovanni Tramontini, Serge Serfati, Alain Lehetet... bien trop nombreux pour en faire une liste exhaustive. Un rêve que j'ai réalisé. Puis le Tatami m'a fait comprendre que j'avais aussi une autre passion, celle de transmettre.

 

Au retour de mes stages, j'avais qu'une envie : donner à mes copains du Dojo ce que j'avais appris. Je me suis donc naturellement tourné vers l'enseignement en passant en candidat libre le BEES (brevet d'état d'éducateur sportif). Depuis, je continue à transmettre ma passion à tous ceux qui me suivent que cela soit dans le Dojo du Blagnac Arts Martiaux ou à travers mes nombreux stages.

Personnellement, la pratique des arts martiaux est en moi et je ne verrai pas ma vie sans. La vie choisira peut être différemment, on verra.

Pour vous, qu'apportent les arts martiaux sur le point de vue physique, mental et spirituel ?

Tu combattras de la façon dont tu t'entraînes.

De mon point de vue, cet adage bien connu va au-delà de sa première lecture. Si tu n'es pas capable de mettre en face de tes projets, objectifs, ambitions, le travail et sacrifice nécessaire, tu échoueras. La pratique est austère car on revient toujours sur les mêmes choses, pour toujours les approfondir. Avec le temps et les années de pratique, on s'aperçois que l'on ne progressera pas en ajoutant mais en enlevant. Comme un forgeron partira d'une pièce brute d'acier pour arriver à la forme du lame après l'avoir forgé. Mais il y a encore du travail, l'affutage, le polissage et ces étapes sont bien plus longues que la première. Les arts martiaux apprennent aux pratiquants la persévérance avant toute chose.

Avez-vous des références de maîtres ? Des exemples qui vous ont motivé et qui vous motive toujours ?

J'ai eu l’opportunité de rencontrer beaucoup de Sensei, de maître, de Sifu...

En France, j'apprécie beaucoup le travail en Shotokan de Lavorato Sensei, Bilicki Sensei, Tisseyre Sensei.

En Goju Ryu, c'est Oshiro Sensei. Mon maître d'arme et là il y a qu'un seul, c'est GM Dani Faynot de Arnis Kali Doblete Rapilon (arts martiaux philippins). En Nihon Tai Jitsu c'est bien sur mon papi des arts martiaux : Hernaez Sensei.

Après j'ai eu des coup de cœur en rencontrant Washizu Sensei et Hino Sensei au Japon, Cui Rui Bin en Chine...

La liste est très longue et si on doit en retenir qu'un chose c'est que je suis un électron libre et un fervent admirateur des personnes citées précédemment.

Lionel avec Zenei Oshiro sensei au Blagnac Arts Martiaux.

Lionel avec sa maman, sensei Lavorato et sensei Bilicki lors du Imagin' Arts MasterClass 2015

Lionel avec Dani Faynot

Votre définition du Sensei ?

Le Sensei est celui qui à un savoir-faire, de l'expérience et qui à l'envie le transmettre.

Que représente la ceinture noire pour vous ?

Elle a était pendant longtemps un objet de désir comme pour beaucoup Aujourd'hui, c'est un bout de tissu pour qui j'apporte beaucoup d'importance. Elle représente mon parcours, ma vision de la pratique, une éternelle insatisfaction motivée par une envie de toujours aller de l'avant. C'est pour cela que j'aime penser que chaque jour, je dois mériter cette ceinture.

En plus de votre pratique en tant qu’enseignant, avez vous une routine chez vous, si oui laquelle?

L'autre jour au Dojo, je disais à mes élèves que je ne suis pas talentueux, je suis besogneux.

Je travail beaucoup et tous le temps. Là, ils m'ont regardé avec de grands yeux et la question est forcément arrivé.

Combien d'heure par jour ? Il n'est pas question d'heure mais de régularité. Tous les jours, je travaille un point précis. Un seul point. Cela peut être une technique, une séquence, un principe. J'y accorde le temps que je peux lui accorder. Cela dépend des jours. Cela peut être 1h comme 5 minutes. Mais durant ce temps, toute mon attention est dirigée vers ce point.

Quelle est la place des KATA dans le Karate, dans les arts martiaux japonais, dans votre pratique ?

Tout est Kata. Tous les mini rituels que l'on peut avoir comme se lever du lit pour s'occuper dans un certain ordre des choses de la journée, c'est Kata. Kata n'est pas seulement dans les arts martiaux. Nous autres êtres humains sommes majoritairement des créatures avec des habitudes. Et ce sont ses habitudes qui nous forme, qui modèle notre vie et donc notre pratique.

Quelle est la place des KATA dans le Karate, dans les arts martiaux japonais, dans votre pratique ?

Tout est Kata. Tous les mini rituels que l'on peut avoir comme se lever du lit pour s'occuper dans un certain ordre des choses de la journée, c'est Kata. Kata n'est pas seulement dans les arts martiaux. Nous autres êtres humains sommes majoritairement des créatures avec des habitudes. Et ce sont ses habitudes qui nous forme, qui modèle notre vie et donc notre pratique.

Quelle est la place des saluts, du cérémonial Reishiki dans les arts martiaux, dans votre pratique?

Le salut est important. C'est une marque de respect. Sans respect c'est le chaos sur ou hors Tatami.

Grâce à vos projets vidéo, vous avez voyagé et donc pratiqué dans de nombreux pays, la pratique martiale est t-elle différente qu'en France ?

La façon d'enseigner, d'apprendre, de garder les tradition est elle différente ?

Chaque école à sa propre façon de pratiquer et d'enseigner. Mais une chose revient en permanence : faire, refaire encore et encore. Où en occident on a tendance à vouloir tout tout de suite, là-bas, on sait la valeur de la répétition et que sans celle-ci la savoir-faire ne peut être acquis. On peut passer des jours à faire qu'un seul mouvement. Et alors, si au final on y arrive ?

« 1000 fois sur le métier remettez votre ouvrage. »

 

L'enseignement est souvent austère. Très peu de consigne, très peu de conseils... Cela ne viendrait-il pas aussi du fait que je ne sois qu'un visiteur ? Des fois mais pas tout le temps. La pédagogie est très souvent centré sur le Sensei et non sur l'élève.

Avec tous vos voyage en "Terre martiale", que retenez vous de ces expériences ?

Je retiens que nous sommes tous des pratiquants désirant d'apprendre et de nous améliorer sans cesse. De partager notre passion avec d'autres passionnés. Ces voyages sont des aventures humaines où je me suis redécouvert à chaque fois.

Pour votre DVD biographique sur Jean-Pierre Lavorato, vous avez eu la chance de rencontrer le pionnier du Karate en France et Europe, maître Henry PLEE. Comment c'est passé cette rencontre ?

La rencontre fût trop rapide.

Jean-Pierre Lavorato avait pris rendez-vous avec lui pour le tournage et le thème était déjà très bien calé. Il savait de quoi on allait parler et le temps que nous avions pour mettre ça dans la boîte. Je suis ravis d'avoir eu la chance de le rencontrer et de l'entendre conter de nombreuses anecdotes sur Jean-Pierre.

Mais j'aurai aimé passé d'autres heures avec lui pour pouvoir discuter de très nombreux sujets. Quand on aime, cela passe toujours trop vite. La vie est ainsi faite, je n'ai pas eu l'occasion de le revoir mais je me réjouis d'avoir eu ce privilège d'être reçu dans son salon avec Jean-Pierre.

Henry Plée sensei et Jean-Pierre Lavorato sensei

Beaucoup de non pratiquants de Karaté pensent que c'est une discipline rigide, dépassée et non efficace... Que pouvez-vous leur répondre?

Qu'ils viennent me voir (rires).

 

La critique vient d'un manque de connaissance approfondie. Quand j'entends quelqu'un qui dit que le karaté ou tout autre art martial n'est pas efficient parce qu'après 2 cours par semaine pendant 2 ans, il ne se sentait pas bon et bien je suis d'accord. Ce n'est pas dans ce laps de temps qu'il atteindra son objectif. Ces personnes passent souvent à un autre art en espérant de meilleur résultat. Il échoue encore. Ils ce sont arrêté en bas de l'escalier à chaque fois. Ils jugent par une vision trop restreinte de quelque chose qu'ils ne maîtrisent pas.

 

Certaines forment d'enseignement n'apporte pas l'efficacité. Mais ce n'est qu'une forme de transmission et non l'art qui doit être mis en cause.

 

Personnellement, je n'ai jamais trouvé que le Karaté était inefficient en combat malgré mes mésaventures quand je faisais beaucoup de sécurité.

Comment évoluent les arts martiaux au fil des années ?

Dans tous les sens je dirais. On voit beaucoup de nouvelles méthodes qui réinvente la roue. Ce qui peut changer c'est l'approche, la forme d'entraînement... mais au final on revient toujours sur le même chose avec un nom différent. Souvent par un soucis de booster l'égo de son créateur, mélangeant 2 trucs de cet art, 3 de celui-ci, 1 de celui-là.

 

Après, je remarque, que dans les courant « traditionnel » le niveau augmente et stagne. Une contradiction. Certain groupe continue à travailler les principes fondateur de l'école tout en acceptant de dépoussiérer certaine chose pour les optimiser. D'autres aux contraire, se renferment et ne veulent rien voir de ce qui les entourent et oublient une chose c'est que tout change et tout évolue. Tous les arts ont évolués à travers les siècles et ne je ne parle pas que d'arts martiaux.

Fin 2018, vous avez sorti votre 12ème documentaire ''EN TERRE MARTIALE'' avec Hino Akira Sensei, avez vous le projet d'en faire un 13ème ?

C'est une bonne question, mais j'ai pas encore trouvé de réponse à celle-ci même si je projette de repartir au Japon cet été.

Lionel avec Akira Hino sensei

Vous venez de lancer Imagin'arts Digital pouvez-vous nous en parler et comment l'idée vous est venue?

Digital est une plateforme en ligne permettant d'accéder à toutes les vidéos pédagogiques et documentaires que j'ai réalisé depuis 15 ans. Soit plus de 130 heures de vidéo disponible à la demande, en ligne sur ordinateurs, smartphone, tablettes... et accessible partout dans la monde.

 

Je suis parti du principe que tout évolue (encore une fois). Qu'il faut savoir s'adapter avec son temps.

 

Je vais te raconter une histoire.

Il était une fois, la plus grande enseigne de location vidéos cassettes VHS sur le continent nord-américain. Ils ont vu venir le DVD et ce sont adapté en proposant rapidement des DVD. Un succès. Puis ce fut le tour du Blu-Ray mais celui-ci n'a pas trouvé son public. Cette enseigne à reçu un jour une proposition d'une start-up pour lancer en partenariat une boutique en ligne avec toutes les vidéos disponible. Un projet colossal. Mais l'enseigne n'a pas trouvé l'idée pertinente.

Cette start-up, c'est Netflix. 3 ans plus tard, l'enseigne ferma ses portes à travers le monde. Et maintenant tout le monde connait Netflix.

 

Cette histoire m'a fait pensé qu'il était temps de migrer progressivement vers le digital, un contenu vidéo dématérialisé qui enlève les problèmes de transport (coût, casse, attente...) et offre l'opportunité à tous les francophiles de bénéficier des conseils des Sensei.

 

Les retours des premiers abonnés sont excellent. Cela me rassure sur la qualité de ce nouvel outil de travail pour les budokas désirant poursuivre en dehors du Dojo leur apprentissage.

 

Je sais que tout le monde n'est pas prêt à passer au dématérialisé. Question de génération. Je mise sur le long terme comme sur le Tatami. Si je m'entraîne aujourd'hui, j'aurai peut-être les bien-faits dans quelques années.

Quels sont vos autres projets ?

J'ai encore beaucoup de projets, d'envies. Mais tant qu'elles ne prennent pas vie, cela ne sert à rien d'en parler. Comme disait mon papi : il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué.

Un mot pour la fin ? Quelque chose à rajouter?

Pour finir, il est important de comprendre que l'on a plus de chance de mourir en France de problèmes de santé que d'une attaque dans la rue. Evidemment, dans certaine profession c'est pas le cas. Il est à mon sens important de bien vivre sa vie, de la vivre en harmonie avec soi, les autres et les divers éléments qui nous entourent. Les arts martiaux nous apprennent à prendre les rennes de notre vie grâce à un dur labeur.

 

Et merci à toi de m'avoir invité. Belle continuation à Roninmartial.

LIENS:
Blog: https://www.lionelfroidure.com/
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Imagin'Arts DIGITAL: https://www.imaginarts.digital/
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