Alexandre GRZEGORCZYK

2° Dan FFKDA Yoseikan Budo,1° Dan Aïkido FFAB, 4°Dan Aïkido Kai

Piliers de l'Aikido Kishinkai
Contributeur pour Dragon Magazine spécial aïkido et le magazine culturel Yashima
Photo de William Pinaud

Pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Alexandre Grzegorczyk, je pratique les Budo et plus particulièrement le Kishinkaï Aïkido que j’enseigne à Limoges.

En parallèle, je partage également ma passion via mon blog ainsi que des revues spécialisées comme Dragon Magazine Spécial Aïkido et Yashima.

Racontez-nous vos débuts dans le monde des arts martiaux. Comment êtes-vous arrivé à la pratique des arts martiaux ? Par quel art ? Maître ? Dojo ?

J’ai débuté par le Judo à l’âge de 6 ans. Comme la plupart des jeunes de ma génération, j’ai été bercé par les films de Bruce Lee, Jean Claude Van Damme, etc. Il y avait dans ces films à la fois ce côté artistique et cette représentation du mythe de l’invincibilité.

Mon grand père avait également été professeur de Judo dans l’armée et mon père un ancien compétiteur, ce qui a sans aucun doute eu une influence sur ce choix.

J’ai donc poussé la porte du club le plus proche avec cette envie de devenir fort, comme beaucoup de jeunes garçons.

J’ai ensuite pratiqué la Boxe Française quelques années mais c’est réellement durant l’adolescence que j’ai découvert les arts martiaux, en dehors de l’aspect sportif, aux côtés de Jean Luc Dureisseix mon enseignant de Yoseikan Budo.

Qu'est-ce qui vous a plu ? Ce qui vous a fait aimer les arts martiaux ? Ce qui vous a poussé et continue à vous pousser à continuer ?

Il y a eu plusieurs étapes dans mon parcours. Je pourrais seulement me limiter à l’énumération des valeurs que véhiculent les arts martiaux, souvent mises sur le devant de la scène, mais la première chose qui m’a vraiment plu c’est tout simplement la confrontation à moi-même et aux autres.
Progressivement, le dojo est devenu ma deuxième maison. Notamment, grâce à Jean Luc qui m’a permis de découvrir un univers riche qui ne se limitait pas seulement à l’opposition et la compétition.

 

La pratique du Yoseikan Budo intégrant un panel assez large d’étude allant du travail des Tuski Utchi Waza, Geri Waza, Kansetsu Waza, Nage Waza, Osae Waza ou encore le travail aux armes qui est également très vaste, j’y ai découvert une pratique fascinante. C’est donc cette partie qui m’a vraiment intéressé dans un second temps, notamment le lien existant entre tous ces éléments. Le fait qu’à partir d’un seul mouvement ou principe corporel on puisse développer aussi bien des techniques de poings-pieds, de projection ou encore des techniques avec armes me passionnait et me passionne encore.

A cette époque nous échangions avec des pratiquants de tous les horizons, que ce soit en stage ou au dojo. Des judokas, des pratiquants de Kung Fu, de Karaté, de Boxe ou encore de Jujitsu Brésilien venaient régulièrement au dojo ou en stage. Je n’avais jamais vu une telle diversité. Il y avait vraiment une bonne ambiance et nous échangions sans distinctions, sans faux semblants et dans le respect des uns et des autres. Ca m’a permis de voir que ce n’est finalement pas dans la confrontation mais dans l’échange que nous progressons. Nous avons tous un corps avec chacun des façons très diverses de s’exprimer et en même temps des similitudes. Je dirais même qu’il y a autant de façon de s’exprimer qu’il y a d’individualité. Ces échanges ont renforcé mon amour pour les arts martiaux.

Ce qui me pousse aujourd’hui à continuer c’est de voir combien les arts martiaux m’ont apporté et m’apportent encore. Bien que ce ne soient pas les seuls, ils sont d’incroyables outils pour aller à la rencontre de soi, des autres.

Kazan No Taikai 2018 | Photo de Frédéric Barreyre

Avez-vous des références de maîtres ? Des exemples qui vous ont motivé et qui vous motive toujours ?

Oui bien sûr.

 

 Inévitablement Jean Luc Dureisseix que j’ai suivi jusqu’à l’obtention de mon 2°Dan de Yoseikan

Budo. Malgré la distance qui nous sépare aujourd’hui, nous continuons d’échanger très régulièrement.

J’ai  rarement rencontré des passionnés ayant une telle connaissance des arts martiaux. La relation

que  nous entretenons dépasse aujourd’hui le cadre « maître-élève » même si je le considère toujours                                                                                  comme un de mes professeurs. Il n’y a pas de dialogue à sens unique, nous avons de réels échanges                                                                                   sur nos recherches et découvertes respectives. C’est un exemple pour moi car après plus de

cinquante années de pratique il continue d’enseigner, de pratiquer et n’a jamais cessé de nourrir

sa curiosité et son ouverture.

 

Il y a également Léo Tamaki. Au-delà de son expertise, Léo fait partie des enseignants qui m’ont apporté un nouveau regard sur la pratique et le travail d’utilisation du corps. A l’image de Jean Luc, il m’a toujours poussé à aller plus loin et ne pas me contenter du minimum. Il a toujours eu cette exigence tout en nous donnant les outils pour avancer. Ce sont deux enseignants incroyables car ils ne se limitent pas seulement à la transmission d’un savoir. Ils te poussent vraiment à grandir, aller de l’avant, progresser et devenir autonome comme le feraient des parents à l’égard de leurs enfants. Ils possèdent également cette capacité à remettre continuellement en question et inspirer les élèves par un engagement sans faille. Leur pratique est en constante évolution et c’est une réelle source d’inspiration.


Vient ensuite Kuroda sensei, que j’ai suivi à partir de 2009 ou 2010. C’est vraiment un génie en ce qui concerne le travail d’utilisation du corps et sa rencontre a eu un réel impact sur mon orientation de travail.

 

Mochizuki senseï que j’ai eu l’occasion de rencontrer très tôt de par la pratique du Yoseikan Budo. C’est un expert formidable et généreux qui donne vraiment sans compter.

Hino sensei est également un expert que j’apprécie beaucoup ainsi que Kono Yoshinori même si je les vois aujourd’hui plus rarement.

 

Sans oublier, Isseï Tamaki, Julien Coup et Tanguy Le Vourch dont j’apprécie également la pédagogie et les recherches.

 

Pour terminer, je citerai mes deux compagnons de route Simon Pujol et Nicolas Lorber avec qui nous animons des stages communs depuis maintenant six ans. Ce sont de jeunes enseignants prometteurs chez qui je retrouve une humilité et une soif d’apprendre que l’on rencontre rarement. Toujours le sourire, l’envie de découvrir de nouvelles choses, cette bienveillance envers les autres, ce goût du partage, qui forcent le respect et m’inspirent au quotidien.

Avec Jean Luc Dureisseix et Léo Tamaki
Avec Léo Tamaki | Photo de Johann Vayriot

En plus de votre pratique au Dojo, avez vous une routine chez vous?

En dehors du dojo, j’ai toujours eu une pratique assez conséquente et peut-être même plus depuis que j’enseigne. La première raison est tout simplement parce que je suis de nature perfectionniste et que je perçois toujours dans mon travail des imperfections. J’aime aller au fond des choses, comprendre, essayer, tester, etc. Je suis un éternel insatisfait.

 

La deuxième est tout simplement qu’en dehors des stages je n’ai plus mes enseignants au quotidien et c’est à mon tour de donner aux élèves. La plupart du temps que je passe au dojo est donc pour mes élèves. Même si je m’entraine avec eux, je ne prends pas en compte ce temps de pratique dans mon volume d’entrainement. Lorsqu’on enseigne on ne pratique pas pour soi comme nous pouvons le faire quand nous sommes élèves.

Je me sens redevable du temps qu’ils m’accordent pour venir s’entrainer à mes côtés. L’enseignant doit être capable de démontrer, expliquer, faire ressentir les choses aux élèves et plus simplement montrer l’exemple. L’entrainement en dehors du dojo représente donc mon temps de pratique principal.

 

Généralement, je découpe mes entrainements personnels en deux grandes catégories. La première correspond au travail de renforcement musculaire et stretching, la deuxième au travail technique et principes de l’école. Chaque jour, j’alterne et quand mon emploi du temps me le permet je fais les deux dans la même journée.

Pour vous, qu'apportent les arts martiaux sur le point de vue physique, mental et spirituel ?

Je pense que chacun y trouve des éléments de progrès différents selon l’enseignement qu’il choisit de suivre et ses objectifs.


D’un point de vue général, je dirais qu’ils permettent d’aller à la rencontre de soi et de l’autre. Ils permettent de se découvrir en profondeur, physiquement et mentalement, de s’approprier son corps et de dialoguer plus librement avec. Ils permettent également de nous mettre face à nous même, nos défauts, nos émotions, nos besoins et nous donnent les outils pour progresser. L’avantage d’une pratique corporelle, c’est que le corps ne trompe pas là où l’esprit s’arrange toujours pour arrondir les angles et contourner une difficulté.


D’un point de vue spirituel, difficile à dire. Je suis jeune et il me reste encore tellement de choses à découvrir et approfondir. Je m’intéresse bien sûr à cet aspect mais je me considère avant tout comme un pratiquant et me préoccupe essentiellement d’essayer de comprendre ce qui m’est enseigné. Après est-ce que cela à une influence « spirituelle » sur moi ?

Bonne question, j’ose espérer…

C'est quoi une ceinture noire pour vous ?

Tout simplement une étape dans la vie d’un pratiquant qui possède et maitrise les bases de l’école. C’est le résultat d’un travail régulier, sérieux et assidu. Mais honnêtement je n’attache que peu d’importance à la couleur de la ceinture, elle n’a finalement de valeur que pour celui qui la porte. De ce point de vue, j’ai toujours apprécié la ceinture portée en Yoseikan Budo qui est la même pour tous, que tu sois débutant ou que tu es X dan.

 

Sur le tatami nous sommes tous des étudiants. La valeur de chacun se mesure par la sincérité et l’attitude que tu adoptes à l’entrainement et au quotidien.

Pour vous ? Comment évoluent les arts martiaux ?

Ils évoluent et je pense que c’est une bonne chose.


Dans les arts, il y a cette idée de mouvement et d’évolution perpétuelle. La base de tout art c’est d’amener l’individu à s’exprimer librement, improviser avec ses acquis, s’adapter et créer dans la singularité de l’instant en lien avec son environnement. Il me semble donc normal qu’ils évoluent.

Après est-ce qu’ils évoluent dans le bon sens ou non ? Je pense qu’il y a du positif et du négatif en tout et que chacun est libre d’y trouver ce qu’il souhaite.

 

J’entends régulièrement des discussions sur le fait que « les arts martiaux évoluent dans la mauvaise direction », que « ce n’est plus ce que c’était », etc.... C’est finalement le cycle de la vie, toute chose est amenée à évoluer. Lutter contre ou râler c’est pour moi s’opposer à un phénomène naturel inévitable et à mon avis perdre son temps.

L’important c’est de pratiquer pour comprendre ce qui nous est enseigné et essayer de transmettre du mieux possible aux élèves.

Photo de William Pinaud

Certains pratiquants disent ou pensent que les arts martiaux traditionnels sont voués à disparaître car ils sont dépassés ? Quand pensez vous ? Que pouvez vous leur répondre ?

Bien qu’il soit tout à fait louable de se poser la question, je pense que c’est un débat complexe dont la réponse dépend des représentations de chacun.

 

Les traditions évoluent et je ne pense vraiment pas qu’on pratique aujourd’hui comme à leurs origines tout simplement parce que le contexte, les besoins et les objectifs ont évolué. Je pense notamment qu’ils sont aujourd’hui bien plus sophistiqués et théorisés qu’ils ne l’étaient il y a 400 ou 500 ans. Ils ont vécu un cycle d’évolution constant comme tout élément ayant traversé des siècles d’histoire. Il n’y a d’ailleurs pas besoin de regarder des décennies en arrière pour s’en rendre compte.

A titre d’exemple, lorsque l’on regarde plusieurs élèves ayant reçu le même enseignement, on observe des divergences de compréhension et de transmission. Il y a donc déjà une évolution de la pratique entre deux générations de pratiquants. Est-ce qu’il y a une disparition pour autant ? Est-ce qu’évolution est forcément synonyme de disparition ?

 

Cette question pose également le problème de la diversité des interprétations du terme « traditionnel ». Qu’entend-t-on par « traditionnel » ? Parle-t-on de techniques ? De principes ? De disciplines ? De méthodes d’enseignement ? D’état d’esprit ? De règles ? Chacun possède sa propre définition en fonction de son vécu. Il n’y a pas de définition commune à l’ensemble des pratiquants. En fonction de la définition que l’on met derrière on peut répondre positivement ou négativement. Par exemple, si on parle de forme technique, il ne fait aucun doute que celles que nous employons aujourd’hui ne sont pas les mêmes qu’il y a 50 ans, 100 ans ou 2 siècles auparavant et ne seront pas les mêmes que demain. Ce qui est, à mon avis, positif car cela signifie qu’ils ne sont pas figés et restent fidèles à la notion d’adaptabilité qui est prépondérante dans les arts martiaux.

 

Que signifie  « traditionnel » ?

C’est finalement un discours sans fin où chacun avancera ses propres arguments en fonction du sens qu’il met derrière.

 

La dérive c’est que ce terme est parfois utilisé à outrance pour prêcher sa paroisse et dénigrer les autres formes de pratique pour tenter d’attirer le public. Il y a encore aujourd’hui de nombreux débats pour comparer et opposer les arts martiaux nommés « traditionnels », des sports de combat ou nouvelles disciplines qui voient le jour. Or, pour juger d’une pratique il faut l’avoir pratiquer suffisamment longtemps pour en établir les contours.

 

Ce qui me dérange c’est qu’on se réfère régulièrement à la face visible de l’iceberg, la partie médiatique et populaire. Pourtant, il y a de nombreux enseignants peu médiatisés, voire absent de la strate médiatique qui continuent de proposer un travail de qualité, que ce soit dans le domaine du sport, des budos ou autres.

On gagnerait bien plus à partir à leur recherche pour échanger, partager et progresser ensemble que de mettre tout le monde dans le même panier. Ce sont les individus qui font la qualité d’une discipline ou d’un enseignement et non les disciplines qui font des individus des personnes de qualité.


Pour terminer, je dirais qu’il faut faire confiance aux jeunes générations. Certes, il y aura des évolutions, certes ils transmettront via le filtre de leur individualité et alors ? L’idée de la transmission c’est de donner les outils pour que nos élèves puissent s’exprimer librement, improviser, faire face à l’imprévu, grandir avec son individualité, et non de les enfermer dans un moule rigide qui doit être conforme à l’idée que nous nous faisons de la « tradition ».

 

En tant qu’enseignant, ma hantise c’est que mes élèves deviennent une copie conforme de moi-même. Mon souhait le plus profond c’est qu’ils s’approprient ce que je leur enseigne, s’en imprègnent, le digèrent, le remettent ensuite en question et, qu’un jour, ce qu’ils expriment ne soit pas du « Alex » mais tout simplement l’expression d’eux-mêmes.

Quelle est la place des saluts, du cérémonial Reishiki dans les arts martiaux?

Le Reishiki possède une place importante dans les arts martiaux. Il est associé à une forme de cérémonial ou de rituel que l’on retrouve notamment à travers différents codes, comme le salut, propre à chaque discipline, qui ne se limite pas au cadre du dojo puisque l’ensemble de notre quotidien s’harmonise autour de rituels dans nos relations aux autres. Je dirais qu’il est le garant d’un équilibre constant entre chaque individu au sein d’un groupe, d’une société, car ce principe englobe les notions de politesse, de courtoisie, de respect mutuel et de gratitude. Ce sont donc des moments importants.


Pour autant, ces rituels n’ont à mes yeux aucune valeur si on ne leur donne pas rapidement du sens. Répéter un salut par automatisme ou mimétisme n’a finalement pas réellement de sens. Par exemple, je préfère un « Bonjour » sincère où tu ressens le plaisir qu’a ton interlocuteur à te saluer qu’une personne qui te sert la main, sans réelle intention, parce que cela fait partie d’un code prédéfini.

Au dojo c’est exactement la même chose. Bien sûr, il est normal qu’au début l’élève le fasse par mimétisme, c’est un effort d’intégration à un groupe lorsque l’on débute et c’est déjà beaucoup. Mais avec le temps, il faut donner du sens à ce rituel. Pourquoi salute-t-on en entrant dans le dojo ? Pourquoi salue-t-on en direction du Kamiza ? Pourquoi nous saluons-nous avant l’entrainement et après un échange ? C’est important de mettre du cœur à l’ouvrage dans tout ce que nous faisons, sinon nous sommes juste des marionnettes qui nous conformons à des rites qui ne trouvent d’autres intérêts que de se conformer au cadre.

 

La façon dont salue un individu est vraiment révélateur de sa personne ou son état d’esprit du moment car on fait finalement rapidement la différence entre une personne qui salue par convention, celui qui en fait beaucoup trop mais sans réelle sincérité et celui qui le fait avec le cœur. C’est pour moi la continuité avec la pratique. La forme n’est pas réellement le cœur de l’étude, ce qui me semble réellement important c’est le fond.

Pouvez-vous nous donner votre vision de l'Aikido ?

C’est une question difficile car ma vision de l’Aïkido évolue constamment et est imprégnée de mon vécu qui est assez éclectique au final. Chacun possède certainement sa propre vision ce qui est bien car les différences et divergences apportent de la richesse.


Pour faire simple, au-delà de l’aspect technique, l’Aïkido est comme chaque Budo, une voie qui nous propose des outils d’étude et de réflexion corporels transférables pour concourir à l’amélioration et la libération de l’individu.


D’une manière plus spécifique, le cœur de la pratique vers lesquels convergent l’ensemble des principes étudiés c’est cette notion d’harmonisation. La notion d’harmonie intègre à la fois la capacité de fusionner avec l’ensemble des composantes de l’environnement pour apporter une réponse adaptée, mais également la capacité à improviser, à composer avec nos acquis dans l’imprévisibilité de l’instant, ce qui est en soit une des bases fondamentales de la vie. A partir de là, il n’y a pour moi aucune limite dans les réponses apportées puisqu’il s’agit de composer face à un environnement vivant et changeant.

Mais cela reste très personnel comme définition et je connais plusieurs enseignants qui partagent un avis similaires à propos de leur discipline respective. Plus le temps passe et plus j’ai le sentiment que nous concourons tous vers le même but.

La seule différence est finalement la voie que nous empruntons, les outils employés et l’appellation que nous lui prêtons. D’où l’importance à mes yeux d’échanger avec les autres enseignants quel que soit leur discipline.

Vous avez fait des stages avec Hino Akira, quel a été votre ressenti par rapport à sa pratique et ce que cela vous a apporté ?

La première fois que j’ai rencontré Hino sensei c’était en 2010, juste avant de partir vivre en région parisienne. J’ai été fasciné par son enseignement car il ne propose pas de travail technique à proprement parlé. Son enseignement est basé sur l’étude de principe d’utilisation corporel dans le but de rendre celui-ci plus efficient à moindre effort. Lorsqu’il enseigne, il met en place divers exercices pour te permettre de comprendre comment fonctionne ton corps en profondeur, sentir ce qu’il se passe à l’intérieur de toi mais également sentir ce qu’il se passe chez aïte. L’enseignement d’Hino sensei est vraiment un enseignement accès sur les principes et non les techniques, ce qui est fascinant car c’est transférable à l’ensemble des pratiques corporelles.


J’ai trouvé chez lui une finesse et une incroyable capacité à s’harmoniser à l’autre. Pour donner une image simple, dès le premier jour, il m’a fait penser à Kyuzo Mifune dont les images d’archives ont bercé mon adolescence. Hino sensei fait pour moi partie de ces experts qui ont atteint la quintessence de leur art car leur application ne se limite pas au cadre proposé. Il n’y a aucune limite technique, son corps s’adapte à la situation et répond harmonieusement aux problèmes posés.

 

C’est également un expert qui fait preuve d’une incroyable générosité, qui a vraiment le cœur sur la main. Il n’y a pas de rétention d’information ou de mystification. Il est capable de démontrer son travail, te le faire ressentir et te donner l’information suffisante pour te permettre de progresser. Il n’y a pas de long discours pour argumenter ou tenter de convaincre l’audimat. De par ses connaissances sur le corps et les arts martiaux, il a également cette capacité à venir te chercher sur ton terrain puisqu’il adapte ses cours au public présent. C’est vraiment un pratiquant et un chercheur avant d’être un enseignant.

Avec Hino Akira et Léo Tamaki | stage au club ASL Aïkido Libourne

Quels sont vos projets ?

La fin d’année va être assez mouvementée puisque plusieurs stages auxquels je participe en tant qu’élève mais aussi en temps qu’enseignant arrivent à grand pas. Cette année se clôturera notamment par le stage d’école, le Kishintaïkaï, qui aura lieu à Kyoto durant le mois de juillet.

 

Actuellement, je travaille également depuis plusieurs mois sur un cycle de cours thématiques pour mes élèves alliant le travail de l’école Kishinkaï Aïkido et mon vécu dans d’autres disciplines, notamment en Yoseikan Budo. Le but est de leur permettre d’élargir leur champ d’apprentissage et de compétences. C’est un défi important pour moi car il faut que j’accorde l’ensemble pour que cela n’empiète pas sur leur formation au sein de l’école mais au contraire leur apporte un réel plus dans la compréhension des principes. Je suis également en train d’organiser mon calendrier de l’an prochain pour aller découvrir des experts que je n’ai encore pas eu l’occasion de rencontrer.

 

En dehors du dojo, il y a également le magazine Yashima qui est une priorité. Nous avons de nombreux projets et consacrons beaucoup de temps pour que celui-ci ait une réelle utilité dans le cheminement de chaque lecteur.

 

Au niveau personnel, je reçois cette année des stagiaires STAPS dans mes cours, ce qui est une charge de travail importante mais qui est vraiment intéressant. Je prévois aussi de reprendre mes études en science et technique des activités physique et sportive pour continuer d’élargir mes horizons.

J’ai d’autres projets en standby, dont un projet audiovisuel et plusieurs concernant le club, mais les journées ne font malheureusement que 24h (rire).

Un mot pour la fin ? Quelque chose à rajouter ?

Tout d’abord, je te remercie pour le temps que tu m’as accordé et le riche travail que tu proposes sur ton blog.

 

Pour terminer, je dirais que nous sommes une grande famille. Nous devons sortir des guerres puériles entre styles et disciplines. Les arts martiaux sont pour moi synonyme d’ouverture de part la diversité des parcours qu’ils proposent. Prendre le temps de pratiquer ensemble me semble essentiel car c’est finalement au travers de nos différences et ressemblances que nous progresserons.
Nous sommes avant tout des pratiquants, alors pratiquons, échangeons et cultivons notre ouverture.

Photo de William Pinaud 
LIENS:
Blog: https://alexgrzeg.wordpress.com/
Site de son Dojo https://kishinkai-aikido-limoges.com/
YASHIMA: 
Page Facebook:  https://www.facebook.com/Yashima.mag/

Entretien martial Alexandre Grzegorczyk - Avril 2019

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